Exposition professionnelle, réglementation et dommages : le cas de l’amiante

Reconnue aujourd’hui comme catastrophe sanitaire l’affaire de l’amiante recèle de nombreux enseignements quant à l’impact des données scientifiques, la mise en place d’une controverse, la difficulté dans la prise de décision, etc. L’historique de son utilisation est également exemplaire. Voilà une substance naturelle (nous ne rentrerons pas ici dans les détails des diverses formes, aux propriétés variées), connue et utilisée depuis l’antiquité, mais introduite de façon industrielle à la fin du 19ème siècle. Asbestos (terme utilisée par les anglo-saxons) signifie en grec "ne peut être éteint". Ce n’est cependant que dans les années 60 que l’intérêt industriel a littéralement explosé avec l’enregistrement de quelques 3000 produits différents avec des applications principalement dans le bâtiment ou l’industrie (construction navale par exemple) pour l’isolation et la protection d’incendie. En parcourant la frise chronologique de la première moitié du 20ème siècle il est facile de constater la somme des données constituant plus que des alertes et justifiant des mesures, en tout cas dans le milieu professionnel. C’est évidemment les ouvriers travaillant dans l’ambiance poussiéreuse des mines à ciel ouvert qui ont payé un lourd tribut. Pendant ce temps, des autorisations pour élargir les aires d’extractions ont été données, alors que filtrent les premiers témoignages de pressions, de tentatives d’imposer le silence, de fraudes. La lecture de la première monographie de l’IARC qui date de 1973 est tout à fait instructive. L’évidence concernant le pouvoir cancérigène de l’amiante dans les études expérimentales est écrasante. Le risque pour les humains est un peu minimisé, mais l’essentiel est quand-même dit.

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