Extraits des auditions des Professeur M. Goldberg et Docteur E. Imbernon

Les extraits sont issus des auditions d’experts par la commission du Sénat présidés par MM Dériot et Godefroy. Lintroduction de ce rapport qui s’intitule  ??Le drame de l’amiante en France : comprendre, mieux réparer, en tirer des leçons pour l’avenir ?, commence ainsi [1] :

Le 2 février 2005, le Sénat a autorisé la création d’une mission d’information commune pour établir le bilan et les conséquences de la contamination par l’amiante.

Une telle initiative n’est pas nouvelle pour le Parlement puisque l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, saisi il y a plus de dix ans du dossier de l’amiante, a rendu ses conclusions en octobre 1997 dans un rapport1(*) qui reste largement d’actualité.

La création d’une mission d’information s’imposait cependant, pour évaluer la progression du drame sanitaire annoncé, qui est aujourd’hui loin d’avoir atteint son pic, pour mesurer l’efficacité et le coût des dispositifs d’indemnisation mis en place à la fin des années 90, pour faire le point sur les problèmes de responsabilité civile et pénale actuellement pendants devant les diverses juridictions, et d’une manière générale, pour essayer de comprendre comment une telle tragédie a pu se développer, en évitant cependant la tentation de juger et de rechercher des coupables en fonction des connaissances d’aujourd’hui, ce qui n’est pas la vocation d’une mission d’information.

Comme on le verra, la France n’est pas le seul pays touché par cette catastrophe sanitaire, mais le retard pris pour édicter des mesures de précaution et d’interdiction, alors que les dangers de l’amiante étaient déjà parfaitement documentés au milieu des années 60, et accessibles à nos décideurs, fait que la courbe des pathologies malignes dues à l’exposition, notamment des cancers de la plèvre, les mésothéliomes, est encore ascendante, alors que celle-ci est en baisse dans d’autres pays comme les États-Unis, où les entreprises ont pris vingt ans plus tôt des mesures de prévention.

Comme on le sait désormais, les prévisions établies par les scientifiques les plus autorisés, épidémiologistes et pneumologues, sont particulièrement sombres et ont d’ailleurs été confirmées par les deux ministres en charge de la santé et du travail devant la mission : alors que 35.000 décès peuvent être imputés à l’amiante entre 1965 et 1995, 60.000 à 100.000 morts sont attendues dans les 20 à 25 ans à venir, en raison du temps de latence de 30 à 40 ans du mésothéliome, auquel il convient d’ajouter environ 10 % des 25.000 cancers du poumon déclarés chaque année. Compte tenu de l’issue fatale de ces pathologies malignes, les scientifiques jugent l’épidémie à venir inéluctable et irréversible et son ampleur déterminée jusqu’en 2030.

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Voir en ligne : Le rapport complet au format html

Notes

[1la totalité du rapport est disponible via le lien associé

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